DARK TRANQUILLITY : Le véritable chanteur du groupe parle enfin.

(Mikael Stanne est à droite)

« Des roux, des roux, ils n’avaient que ça à la bouche, il voulaient absolument un roux ». C’est la triste et bouleversante confession que Diego Rodriguez-Paya balbutie entre deux lourds sanglots, lui qui certifie aujourd’hui avoir chanté sur les onze albums studio de Dark Tranquillity alors même que Mikael Stanne s’affichait dans le même temps avec bravache comme le leader du combo suédois.

La famille Rodriguez-Paya, issue de Guadalajara (Mexique) s’est installée à Göteborg (Suède) au début des années 70. Diego suit une scolarité chaotique avant de quitter le système scolaire à 14 ans. Il vit alors de rapines et de petits trafics jusqu’à ce qu’il rencontre en 1989 un orchestre de Mariachis avec lequel il répète tous les mardis soirs dans une maison de quartier. A quelques locaux de là, ce qui va devenir Dark Tranquillity construit un répertoire solide mais se heurte encore et toujours à l’absence d’un chanteur digne de ce nom.

A travers les cloisons de fortune, la voix prodigieusement puissante de Diego leur parvient et même « couvre parfois leur musique » (Anders Jivarp, batterie). Les adolescents se rapprochent donc du jeune Mexicain et lui proposent d’enregistrer avec eux le premier album du groupe, Skydancer (1993). Si le résultat est enthousiasmant, le combo suédois n’assume pas le physique de Rodriguez-Paya et conclut un deal avec son vocaliste : de l’argent contre le silence. Dark Tranquillity mettra sur scène en première ligne son guitariste d’alors, Mikael Stanne, un homme de paille plus « présentable » que « l’ami Pepito » (surnom de Paya au sein du groupe).

Très rapidement, le combo est pris dans la spirale du succès. Il ne changera plus rien à son mode de fonctionnement et enregistrera 11 albums avec Rodriguez-Paya caché dans la pénombre des studios tandis que Stanne rougira sous les lumières des spotlights.

« Il y a deux ans, j’ai voulu monter un groupe de death mélodique à Göteborg, car j’adore ça. Je me suis fait virer parce que je sonnais trop comme Stanne ! Tu le crois, ça ? » pleurniche Paya. C’est cette frustration qui le pousse aujourd’hui à déballer une vérité que tout le monde n’est pas prêt à entendre.

La balle est aujourd’hui dans le camp du groupe, qui a déjà fait savoir par ses avocats qu’une déclaration officielle serait produite dans les meilleurs délais.

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